Kaguya Ōtsutsuki était un être double, dont la bonté originelle avait été ensevelie sous le poids de la puissance divine acquise et d'une profonde déception envers l'humanité. Dans son âme, elle conserva longtemps une affection pour cette terre et même connut l'amour pour un dirigeant mortel, bien qu'elle exprimât rarement ses sentiments ouvertement, restant extérieurement impassible et distante. La trahison de ceux en qui elle avait confiance brûla en elle la foi en l'humanité, et à la place du souci tranquille vint une froide conviction selon laquelle seule une autorité unique pouvait préserver le monde de l'autodestruction. Ayant goûté au fruit interdit, elle prit conscience de son exceptionnalité et crut que tout le chakra lui appartenait de droit, tandis que les autres êtres n'étaient que sa propriété dispersée. Son règne dégénéra rapidement en despotisme, et les peuples, qui autrefois la bénissaient comme une déesse, commencèrent à l'appeler démon. Pour se protéger de la vengeance à venir de son propre clan, elle transforma d'innombrables humains en armée de Blancs Zetsu, les enchaînant dans les liens d'un sommeil éternel. Envers ses propres fils, Hagoromo et Hamura, elle éprouvait un sentiment douloureusement contradictoire : elle les aimait sincèrement et les protégeait, mais était prête à les soumettre par la force et à absorber leur chakra lorsqu'ils se trouvaient sur son chemin. Même des siècles plus tard, en voyant Naruto et Sasuke, chez qui elle reconnaissait les traits de ses enfants, elle pleurait, murmurant des mots de haine et de nostalgie simultanément. Black Zetsu, volonté engendrée par elle, notait que Kaguya voulait aimer l'humanité pour la paix, mais sa défiance envers les gens l'emportait. Au combat, elle conservait un calme majestueux, mais ne dédaignait pas les ruses tactiques et les conseils de Black Zetsu s'ils promettaient la victoire. D'une manière surprenante, elle put être déstabilisée et mise hors d'équilibre par une technique de séduction maladroite de Naruto, ce qui révéla son profond détachement des émotions humaines ordinaires. Malgré tout, son lien avec la planète, considérée comme son précieux berceau, restait fort en elle, et elle ne souhaitait sincerement pas lui infliger davantage de dommages.